Tu devras dire oui…

Tu devras dire oui…

Il y a quelques années, j’ai vécu une période difficile, très difficile. Le genre de période où l’on désespère de vivre, où le seul frein au suicide est la connaissance de l’enfer.

Je suivais mon petit bonhomme de chemin avec le Seigneur. Depuis quelque temps, j’avais rompu avec le péché ; le Père m’avait donné un toit et une voiture, et la vie allait enfin pouvoir s’écouler tranquillement après des années douloureuses.

Mais, vous l’imaginez déjà, la marche ne se passe pas comme ça.

Un jour, encore gravé dans ma mémoire, alors que j’étais assise devant ma baie vitrée et mon ordinateur, enveloppée d’une douce lumière de fin de journée, le Saint-Esprit murmura à l’oreille de mon cœur : « Es-tu prête ? »

Prête à quoi, me direz-vous ? Je ne le savais pas précisément, mais j’entrevoyais dans cette phrase un long désert, des souffrances et la mort. Je ne répondis donc pas.

Trois semaines s’écoulèrent ensuite, il me semble. Trois semaines où le Seigneur semblait attendre ma réponse. Puis je finis par lui dire : « OK, Seigneur, on y va. » Un peu comme un enfant qui, après avoir longtemps hésité, prend enfin la main de son père d’un pas décidé pour sauter par-dessus un ruisseau… Il finit par se dire qu’il faut bien avancer et que papa ne le laissera pas tomber.

Qu’en résulta-t-il ? Alors que j’écris, je cherche le terme exact pour le décrire, mais je n’y parviens pas… Je me suis retrouvée dans l’œil du cyclone. Je ne pouvais plus travailler. Les impôts se sont aperçus qu’ils avaient commis des erreurs, et des dettes sont remontées, pour environ 4 000 €. La fille de ma propriétaire souhaitait récupérer l’appartement, sans que je sache où aller. Et, pour couronner le tout, on a retrouvé ma mère pendue, et le Seigneur m’a interdit d’aller à son enterrement.

Un matin, j’ai fini par demander la mort ; plusieurs fois. Et là, allongée, j’entendis : « Tu es sûre ? » J’ai répondu oui. J’ai fait un AVC dans les heures qui ont suivi. L’oppression rend insensé… Attention à ce que nous demandons dans les moments de détresse.

J’ai sombré dans une dépression telle que me laver était un exploit. J’ai découvert que respirer pouvait demander un effort et que parler pouvait être fatigant. Il suffisait qu’une vague connaissance me demande comment j’allais au supermarché du coin pour que j’éclate en sanglots… De plus, ce qu’il me restait de famille, après que j’ai renié l’islam, ne voulait plus me voir, me disant : « Tu as trop de problèmes, je préfère ne pas te voir pour le moment. » Sans parler des moqueries qui me revenaient tandis que je me dégradais à vue d’œil : « Jésus, ça ne lui fait pas du bien ! »

Je n’en pouvais plus… La seule chose qui me faisait tenir, c’était ce verset :

« Aucune épreuve ne vous est survenue qui n’ait été humaine. Mais Elohîm, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez mis à l’épreuve au-delà de vos forces ; mais avec l’épreuve, il préparera aussi le moyen d’en sortir, pour que vous puissiez la supporter. » (1 Corinthiens 10:13)

Je couplais cela à cette phrase, que je me répétais inlassablement sous différentes formes : « La vérité, c’est la Parole, ce n’est pas ce que tu ressens. Si le Seigneur le permet, c’est que tu es capable de le supporter. Si tu lâches, c’est que tu l’auras bien voulu. Accroche-toi ! Il t’a dit qu’il ne t’abandonnerait jamais. Jamais, c’est jamais ; il n’y a pas d’exception à ce jamais. »

La plus grande des luttes, au milieu de ces souffrances, a été de ne pas douter de ce que j’avais reçu du Seigneur. L’ennemi s’acharnait à me faire accepter l’idée que je ne tiendrais pas le coup. Ce n’est pas de la prétention : je n’ai jamais douté du Seigneur jusqu’à aujourd’hui, mais j’ai toujours douté de moi, de ma sanctification, de ma fidélité, de madignité, de mon mérite. J’ai toujours trouvé que je n’étais pas assez ceci ou cela. Durant cette période, je croulais sous la culpabilité, cherchant des raisons à tout ce qui m’arrivait, car dans mon esprit : « C’est toujours moi le problème, de toute façon. »

Si vous souffrez de ce mal, vous avez toute ma solidarité. L’ennemi voudra vous accabler pour vous décourager. Il est fort probable qu’il y ait, dans votre entourage, des accusateurs qui joueront les mégaphones du diable pour toujours vous ramener en arrière à votre passé, ou même à vos erreurs d’aujourd’hui parfois en prétendant vouloir vous aider à vous remettre en question. Animés d’un zèle amer, ils peuvent vous détruire si vous tendez trop l’oreille et ouvrez trop votre cœur. Veillez donc à retenir ce qui est bon, sans vous laisser polluer.

Vous vous doutez bien que, si j’écris aujourd’hui, c’est que, par la seule grâce au Seigneur, j’ai traversé cette vallée de l’ombre de la mort et que j’en suis sortie.Un soir comme un autre, le Seigneur vint et s’assit sur mon canapé pendant que, de mon côté, je déambulais dans la maison. Je l’ignorai, parce que j’avais mal, que je n’en pouvais plus et que je n’en voyais pas la fin. Il finit par me dire tendrement : « C’est bon, tu as fini ? »

Qui peut lui résister ? Je posai ma tête sur ses genoux et, tandis qu’il me caressait les cheveux, mon cœur hurlait : « Fais que ça s’arrête ! » en boucle. Je ne sais pas combien de temps cela dura, mais je voyais des choses sortir de mon cœur, encore et encore, au fil de mes hurlements, jusqu’à entendre : « C’est bon, c’est fini. »

Et là, en un instant, ce fut comme si toute la souffrance que j’avais vécue avait disparu en un clin d’œil, comme si elle n’avait jamais existé.

« Et Elohîm essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus ; et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, parce que les premières choses sont passées. » (Apocalypse 21:4)

Ce verset est vrai, vraiment vrai. Je l’ai vécu à mon échelle ; je n’imagine pas la consolation qui nous attend au ciel.

Lorsque j’ai eu à cœur d’écrire ceci, une pensée est montée dans mon cœur : nous pouvons parfois souffrir après avoir répondu à l’appel du Seigneur. Les souffrances et les combats qui suivent peuvent nous faire douter, mais il ne faut pas accepter ces idées. Satan veut miner votre moral et infecter votre cœur pour vous décourager. Car comment prier, persévérer et se battre pour quelque chose en quoi vous ne croyez plus ?

« Si tu faiblis au jour de la détresse, ta force est bien peu de chose. » (Proverbes 24:10).

Mais je voulais aussi partager ce témoignage pour vous dire qu’il y a des souffrances auxquelles vous devrez dire « oui » en connaissance de cause :

« Père, si tu voulais éloigner cette coupe de moi ! Toutefois, que ma volonté ne soit pas faite,mais la tienne. » (Luc 22:42)

S’il est humain de chercher d’autres voies et d’autres moyens, il y a parfois seulement le chemin de la souffrance qui peut nous conduire là où nous devons aller. Nous devons alors l’accepter, avec pour seul appui la certitude de l’amour du Seigneur.

Bien que ce ne soit pas l’objet de cet écrit, vous vous demandez peut être pourquoi le Seigneur a permis cela ?

Les plaies d’une blessure sont un remède au mal, de même les coups qui pénètrent jusqu’au fond de l’âme. (Proverbes 20 :30).

Tout simplement, comme un chirurgien ; plus le mal est profond, plus l’incision doit l’être.

Il y a eu cet épisode, et il y en aura probablement d’autres. Avoir dit oui hier ne veut pas dire que je serai capable de dire oui demain. Ma prière, pour moi comme pour vous, c’est que, quel que soit ce qui nous attend devant nous et quelle que soit la frayeur que nous ressentirons parfois, la foi ne vienne pas à nous manquer. Que le Seigneur nous accorde la grâce de toujours nous confier à lui et d’attendre patiemment la fin de l’épreuve. Car assurément, il préparé une porte de sortie ; et, après avoir semé avec larmes, nous moissonnerons avec joie et allégresse.

À Yehoshoua, le Consolateur par excellence, soient la louange, la reconnaissance et la gloire.

Maranatha.

 

 

 

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