Sauvons le soldat de Yehoshoua

Il y a quelques semaines, j’ai été touchée par une histoire qui a resurgi aujourd’hui dans l’actualité.

Une équipe de deux pilotes d’avion de chasse, nommés Alpha et Bravo, sont envoyés en territoire Iranien, un ennemi des États-Unis. En plein vol, ils sont percutés par un missile. Alpha décide alors de l’éjection de l’appareil, conformément au protocole, afin de maximiser leurs probabilités de survie.

Alors qu’Alpha ouvre son parachute sans encombre et est récupéré assez facilement quelques kilomètres plus loin, Bravo, lui, n’arrive pas à ouvrir sa toile. Lorsque celle-ci finit par s’ouvrir, elle est déjà endommagée et il s’écrase au sol à une vitesse estimée entre 110 et 160 kilomètres par heure.

Miraculeusement, il survit: il vient de recevoir un missile et de chuter d’une altitude vertigineuse mais de façon extraordinaire, bien qu’il ait la colonne vertébrale, une épaule et un bras brisés, il ne souffre « que » d’une grosse entorse aux membres inférieurs.

Se sachant en territoire ennemi et recherché, il refuse « qu’un manque de motivation l’affiche à la télévision ennemie » et d’être brandi comme un trophée. À raison, car il ne le sait pas encore, mais le gouvernement Iranien a mis en œuvre un dispositif d’envergure pour le retrouver, offrant même une récompense de 60 000 dollars (une véritable fortune là-bas) pour sa capture. Il trouve alors la force de marcher et de grimper à plus de 2 000 mètres d’altitude pour se cacher, car il sait, avec certitude, que son armée viendra le chercher peu importe les moyens à déployer.

Il parvient, blessé et sans eau ni nourriture, à survivre durant 50 heures avant d’être récupéré après une incroyable démonstration de force de l’armée américaine. Il reconnaît qu’il doit sa vie au Seigneur et qu’il a vécu un miracle.

L’histoire est belle et elle m’a permis de tirer plusieurs enseignements qui m’ont, pour certains, encouragée et, pour d’autres, attristée.

Premièrement, ces hommes sont envoyés pour faire la guerre et partent donc avec des prérogatives et un mandat clair. Ils s’en tiennent aux ordres qu’ils ont reçus, et respectent les protocoles mais cela ne les protège pas de tout. Pour preuve, ils ont pris un missile. J’ai compris qu’en tant qu’enfants du Seigneur et membres de son armée, il peut arriver d’être atteints par l’ennemi. Car bien que pour nous, le respect des limites et des principes bibliques nous accorde immanquablement la victoire, nous restons humains :nous commettons des erreurs, nous avons des manquements. Je suis également convaincue que le Seigneur dans son amour peut le permettre pour nous garder dans l’humilité. Si nos vies n’étaient faites que de réussites faciles et que nous marchions sur l’eau en permanence, nous deviendrions des monstres d’orgueil et « l’orgueil précède la chute ».

Et puis, comme l’a écrit Pierre Corneille, il est vrai qu’« à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ».

Aussi, le Seigneur qui, lui, était parfait, n’a pas eu une vie confortable, c’est le moins que l’on puisse dire. Les chrétiens de l’Église primitive non plus, au point où nous voyons, dans les écrits de Paulos, des passages relatant des instants de grande détresse:

« Car, frères, nous ne voulons pas que vous ignoriez la tribulation qui nous est arrivée en Asie, c’est que nous avons été accablés excessivement, au-delà de notre force, jusqu’à désespérer même de vivre. Mais nous avions en nous-mêmes la sentence de mort, afin de ne pas placer notre confiance en nous-mêmes, mais en Elohîm qui ressuscite les morts. » (2 Corinthiens 1 :8 – 9).

Ou encore :

« Sont-ils serviteurs du Mashiah ? – je parle comme un aliéné -, je le suis plus qu’eux ! Dans les travaux, bien plus ! Dans les blessures, plus qu’eux. Dans les emprisonnements, bien plus ! Dans les morts souvent, cinq fois j’ai reçu des Juifs quarante coups moins un, j’ai été battu de verges trois fois, j’ai été lapidé une fois, j’ai fait naufrage trois fois, j’ai passé un jour et une nuit dans la mer profonde. Souvent en voyage, en péril sur les fleuves, en péril de la part des brigands, en péril de la part de ceux de ma race, en péril parmi les nations, en péril dans les villes, en péril dans les régions inhabitées, en péril sur la mer, en péril parmi les faux frères ; dans la peine et dans le travail dur et difficile, dans de fréquentes veilles, dans la faim, dans la soif, souvent dans les jeûnes, dans le froid et dans la nudité.» (2 Corinthiens 11:23 – 27).

Alors oui, le Seigneur, dans ce combat, ne nous a pas laissés orphelins. Nous sommes dotés d’armes puissantes pour déjouer les plans de l’ennemi et parer ses coups. Cependant, ces exemples, et bien d’autres encore, parsèment les Écritures et mettent en exergue une réalité implacable : la lutte est parfois difficile et, dans un combat, on reçoit des coups, certains plus rudes que d’autres.

Dans ces moments loin d’être plaisants, ne perdons pas courage. Je me permettrai ici de citer le général de Gaulle : « Si nous avons perdu une bataille, nous n’avons pas perdu la guerre. » et gardons à l’esprit que la victoire finale est déjà remportée par le Chef de l’Armée de YHWH.

Soyons-en assurés, le Seigneur n’est pas insensible. Même nos cheveux sont comptés, rien ne peut nous arriver sans son aval, et quoi qu’il advienne:  « Mais nous savons aussi que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Elohîm, de ceux qui sont appelés selon son dessein. » (Romains 8 :28).

Et même si nous tombons dans le péché, ne restons pas là à la merci de l’ennemi qui se fera une joie d’exhiber notre nudité à la face du monde pour blasphémer le nom du Seigneur. Relevons-nous et ayons la même assurance que ce soldat : le Seigneur viendra nous chercher. Il n’est surpris de rien. Il est déjà tout disposé à nous pardonner et il prend même plaisir à la miséricorde. La miséricorde, c’est de pardonner au coupable. Pas à celui qui a simplement manqué de lucidité ou qui a commis une erreur par inadvertance, non : au coupable. Même à celui qui, à un moment, a commis sciemment un péché. Le Seigneur prend plaisir à ce qu’il revienne de sa mauvaise voie, à lui pardonner et à ce qu’il vive.

Pourtant, il y a une réalité qui m’a attristée et presque rendue honteuse : une armée païenne a mis en œuvre un dispositif titanesque pour aller récupérer un seul soldat, et honorer la promesse faite à tous ceux qui s’engagent de ne jamais laisser quelqu’un tomber. Cette opération est chiffrée à plusieurs centaines de millions de dollars, et quatre-vingt-dix soldats ont participé aux manœuvres, sans compter tous ceux à l’arrière…Et nous, que faisons-nous ?

Quelle est donc cette indifférence dont nous sommes tous, ou presque, atteints face aux blessés et à ceux proches de la mort qui jonchent le corps du Mashiah ? À combien de conversations coupables avons-nous participé au sujet de ces âmes pour lesquelles le Seigneur a souffert, et souffre encore de les avoir vues s’éloigner ? Quelle attitude avons-nous quand se lèvent les langues de ceux qui « savaient » que tel ou tel n’allait pas bien, mais qui n’ont jamais pris dix minutes de leur temps pour prier à leur sujet et ne parlons même pas de jeûner!

« Délivre ceux qu’on traîne à la mort, Ceux qu’on va égorger, sauve-les! Si tu dis: Ah! nous ne savions pas!… Celui qui pèse les cœurs ne le voit-il pas? Celui qui veille sur ton âme ne le connaît-il pas? Et ne rendra-t-il pas à chacun selon ses œuvres? » (Proverbes 24 :11-12).

Malheur à nous, car nous serons traités de la façon dont nous traitons les autres. Pour finir, il s’agit d’une prière et d’un encouragement : que le Seigneur puisse nous donner l’assurance dans le combat que rien ne peut nous séparer de son amour et, dans la difficulté, lorsque nous traversons la vallée de l’ombre de la mort, que Yéhoshoua est avec nous. Ne promenons pas des regards inquiets, levons les yeux au ciel, assurément de là viendra le secours. Qu’il nous accorde aussi des cœurs de chair et des entrailles de miséricorde afin de secourir ceux qui sont en danger. Aimons-nous les uns les autres comme le Seigneur nous a aimés, prions les uns pour les autres.

Maranatha.

Sarrah SIMA

Références des versets et suggestions de lecture :

 Matthieu 14:28-31 – L’apôtre Pierre marche sur l’eau
 Proverbes 16:18 – L’orgueil précède la chute
 2 Corinthiens 1:8-9 – La tribulation et la sentence de mort en Asie
 2 Corinthiens 11:23-27 – Les souffrances, les périls et les faux frères
 Jean 14:18 – La promesse de ne pas nous laisser orphelins
 Éphésiens 6:11-17 – Les armes puissantes et l’armure du chrétien
 Josué 5:13-15 – La rencontre avec le Chef de l’Armée de YHWH
 Matthieu 10:29-31 – Nos cheveux sont tous comptés
 Romains 8:28 – Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment
Elohîm
 Michée 7:18 – Le Seigneur prend plaisir à la miséricorde
 Ézéchiel 33:11 – El désire que le coupable revienne de sa mauvaise voie
et qu’il vive
 1 Corinthiens 12:25-26 – Les membres qui souffrent dans le corps du
Mashiah
 Proverbes 24:11-12 – Délivre ceux qu’on traîne à la mort
 Romains 8:38-39 – Rien ne peut nous séparer de son amour
 Psaume 23:4 – La traversée de la vallée de l’ombre de la mort
 Ésaïe 41:10 – Ne promène pas des regards inquiets
 Psaume 121:1-2 – Je lève mes yeux vers le ciel, de là vient le secours
 Ézéchiel 36:26 – Le changement du cœur de pierre en cœur de chair
 Colossiens 3:12 – Se revêtir d’entrailles de miséricorde
 Jean 13:34 – Le commandement de nous aimer les uns les autres comme le Maitre

 

 

0 Comments

Submit a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *